Le Sénégal doit-il se passer des agences immobilières ?
Depuis les années 90, les agences immobilières ne sont plus régulées par le décret qui exigeait des critères notamment de management pour pouvoir devenir agent immobilier.
Une carte professionnelle était remise par l’Etat et celui-ci pouvait donc facilement interagir avec l’ensemble des agences existantes.
Puis, pour des raisons politiques, ce décret a disparu et la libéralisation du secteur a explosé, particulièrement sous l’ère d’Abdoulaye WADE.
Ensuite, l’ère Macky SALL a repris le flambeau, et les agences immobilières ont dû se plier à un marché détenu par près de 70% d’agences informelles, contre 30% d’entreprises fiscalement contrôlées et porteuses de taxes bénéfiques à l’Etat et ses subdivisions.
On a fait de faux procès à notre profession, notamment en faisant croire que c’était les agences qui faisaient augmenter les prix des loyers ou les prix des transactions.
ANAIS paie un logiciel qui permet à ses adhérents de bénéficier des statistiques indiquant les prix moyens pratiqués dans Dakar et ses quartiers, mais aussi dans les autres villes du Sénégal. C’est dire si nous sommes respectueux de cadrer avec les prix du marché, et non pas avec des prix spéculatifs. Cependant, la rumeur nous parvient régulièrement comme quoi des courtiers ou d’autres professionnels liés aux transactions, proposent des montants basés sur une spéculation et non pas sur l’existant.
De plus, les agences immobilières doivent aujourd’hui se tourner vers d’autres métiers, pour compléter leur offres de service, comme la décoration intérieure ou la promotion immobilière, qui oblige à mieux connaître le secteur de l’urbanisme.
Fort de cela, non seulement les agences immobilières restent indispensables au pays, mais encore, elles vont devoir faire face à des défis toujours plus grand avec la gestion des syndics de copropriété et tous les nouveaux services liés à la gestion immobilière.
De ce fait, doit-on laisser prospérer des agences qui ne respectent ni le client, ni les lois ? N’est-il pas temps de revoir cette question de régulation des agences ?
Nous souhaiterions que les agences immobilières soient sous la coupe du Ministère de l’Urbanisme
Pour la petite histoire, ANAIS a suivi la demande de projet de loi, pour cette régulation, depuis 2018. Depuis 2023, on nous a indiqué qu’elle était en circulation dans les différents services du Ministère du Commerce, mais rien n’a bougé. C’est d’ailleurs en partie à cause de cet état de fait, mais aussi parce que cela nous semble plus logique, que nous souhaiterions que les agences immobilières soient sous la coupe du Ministère de l’Urbanisme.
En effet, l’évolution des villes et de leur configuration ne saurait se faire sans une approche affinée avec les suggestions des promoteurs immobiliers, mais aussi des agences immobilières. Elles sont au coeur de la demande et des besoins des futurs propriétaires et locataires, en matière d’habitation, tout comme en ce qui concerne l'environnement souhaité. Les occupants des habitations recherchent systématiquement un logement proche d’une école, de parcs ou de lieux de verdure, quand c’est possible.
D’ailleurs, si la corniche est aussi prisée, ce n’est pas seulement parce qu’on y voit la mer, mais aussi parce qu’on peut y marcher en toute tranquillité, contrairement à l’intérieur de nombreux quartiers.
Une approche urbanistique mieux adaptée aux attentes des habitants faciliterait une meilleure qualité de vie aux sénégalais. Avec une qualité de vie adaptée, le stress diminuerait et nous pourrions éduquer nos enfants, à nouveau, à plus de respect de leur environnement. Par exemple, ne pas jeter des papiers par terre ou des sachets de plastique vide par la fenêtre des son véhicule.
Si on s’y met tous, le Sénégal peut retrouver sa splendeur et devenir un nouveau pôle économique et touristique envié dans toute l’Afrique de l’Ouest.
A méditer…
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Cathy SUAREZ
ANAIS
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